Coup de coeur : Klasik Bijoux, avec Carline Sévère

 

Be Klasik, be unique avec Carline

Comme beaucoup d’autres jeunes de son âge, Carline Sévère à la tête pleine de rêves. Des rêves d’entreprendre, entre autres. Pour cela, elle se dirige vers le secteur économique en étudiant la gestion des Petites et moyennes entreprises à l’Université Quisqueya. Mais sa vraie passion est le designing ; elle crée des bijoux : en corne organique, en acrylic beads, en glass beads et avec d’autres matériaux. Rien de nouveau… jusqu’à ce qu’on tombe sur les modèles qu’elles dessinent. Aidée de son talent et de ses compétences en gestion, elle monte sa propre affaire : Klasik Bijoux. Elle raconte son parcours.

 

Parle-nous de toi   

Je suis avant tout une femme positive, très dynamique qui cherche toujours a utilisé son temps à bon escient. Cela effraie parfois les autres autour de moi mais je suis comme ça. J’aime être entourée des gens que j’aime et qui apportent un plus à ma vie. Je suis quelqu’un de très motivé et faire des bijoux est une chose qui m’excite beaucoup. C’est une passion et cela me rend heureuse quand j’en fais.

Raconte-nous ton parcours

Tout commence avec le départ de ma mère pour l’étranger alors que je n’ai que 8 ans. J’ai grandi avec une tante qui faisait de la Haute Couture, et pendant longtemps, je me suis amusée à rafistoler les morceaux de tissus dont elle n’avait plus besoin ou remodelais mes vieux vêtements et mes bijoux cassés. Ainsi, je créais de nouveaux modèles et éprouvais ma créativité. Une fois plus âgée, j’ai voulu faire du business ; j’ai donc étudié la gestion des PME (Petite et moyenne entreprise) et le marketing. Après ce cheminement, je me suis cherchée du travail. Tout ce que je faisais, que ce soit mon poste à Presse Café, au ministère du Tourisme, ne m’apportait pas la satisfaction dont j’avais besoin.

Comment as-tu eu l’idée de monter Klasik Bijoux ?

Comme je disais tantôt, mes postes ne me satisfaisaient pas du tout. Ça gâchait carrément ma créativité, mon énergie et mes potentialités. Je les ai laissés tomber. C’est alors que je me suis dit puisque j’aime faire de nouvelles choses, en particulier les bijoux, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? J’ai donc commencé à faire des bijoux. Je me suis perfectionnée pour qu’ils deviennent meilleurs, j’ai pris des commandes et grâce au bouche à oreille Klasik Bijoux a vu le jour. Je n’ai pas un magasin à proprement parler, mais le commerce existe depuis décembre 2011, pour réellement prendre forme en mai 2012 via une page Facebook.

Quelle a été l’attitude de tes premiers clients ?

Elle a été très positive. Franchement l’accueil m’étonnait à chaque fois. La première chose que je faisais, je le fais encore d’ailleurs, quand je vendais l’une de mes pièces, je regardais l’expression du client. C’est ainsi que je pouvais savoir si la personne aimait ou pas. Parce que je dessine les modèles que je crée certes, mais souvent je réalise des modèles commandés. Je propose aux gens mes produits sans leur forcer la main. C’est à partir de ce premier accueil que j’ai pris confiance pour de vrai.

Qu’est-ce qui t’inspire généralement ?                                                 

Tout. Une musique, de n’importe quel genre, une situation, une sensation, une personne que je vois… Je ne me limite pas en ce sens. Ce que je fais également, je consulte les sites des grands designers. Je compare aussi ce qui existe déjà sur le marché afin de proposer autre chose. Au fait, c’est mon humeur et ma disposition du jour qui sont mes plus grands alliés. De ce fait, je m’arrange le plus possible pour être dans les meilleures dispositions.

Les débuts ont été difficiles ?

Très difficiles parce que je faisais tout à partir de mes propres fonds et de ceux de Jean-François, mon copain. J’ai eu très peur de ne pas tout perdre ; j’ai pris des risques, j’ai été dans les coulisses pendant un certain temps. Cependant, je ne pourrais pas oublier certaines personnes comme Francesca André, Melissa Beauverey, Alice Giordani et bien d’autres qui m’ont apporté leur soutien ; quand bien même on ne peut pas trop compter sur les gens ici. A présent, j’ai assez foi en l’avenir, en mes produits et en moi pour me lancer pour de bon.

Comment fais-tu pour te fournir du matériel dont tu as besoin et qui travaille avec toi ?                 

Je dois avouer que j’ai cherché pendant longtemps avant de trouver un bon fournisseur ainsi qu’un artisan qui avait le sens de la mesure. Finalement j’en ai trouvé un qui respectait les standards, c’est le seul avec qui j’ai pu collaborer de façon effective parce que je suis très pointilleuse sur la finition de mes produits. Pour me fournir, je cherche mes matières premières un peu partout ; il y a des bijoux que je crée pour lesquels je suis obligée d’exporter de l’Ohio. Cela me coûte une fortune pour les faire rentrer au pays par la DHL mais je n’ai pas vraiment le choix parce que cela m’assure au moins de la rapidité.

Qu’en est-il du prix ?

Le prix est très abordable selon moi ; il varie entre USD 5 et 25. Souvent quand le client achète, il ne pense qu’au prix alors que le temps, l’énergie, la finance, la nourriture, tout ça doit être comptabilisé.

Qu’apportes-tu de différents sur ce marché par rapport aux concurrents ?

Mes créations sont en cornes comme les autres. Mais à un moment, je me suis rendue compte qu’il n’existait pas de modèles différents. J’ai réfléchi et j’ai fait un alliage de chaîne et de corne, question de diversifier. Ça a marché. J’ai des bagues, des colliers, des bracelets aussi avec des boulles que j’utilise et que je transforme ensuite. De plus, mon slogan est « Be Klasik Be unique ». Avec mes bijoux, les gens se sentent unique ; c’est le message qu’ils véhiculent. Comme Phélicia Dell, que j’apprécie d’ailleurs, je veux prôner l’innovation. C’est ce que font tous les grands designers qui réussissent.

Quels sont tes projets avec Klasik Bijoux ?

Je ne souhaite pas trop en parler. Toutefois, je sais déjà que je veux m’imposer sur le marché avec mes produits. Il y a de la concurrence mais il y a assez de place et pleins d’opportunités ; je veux les saisir. Ensuite, conquérir l’international qui apprécie déjà mon travail. Faire en sorte qu’une autre image d’Haïti soit projetée pour que nous n’ayons plus besoin d’exposer à Macy’s sous le label « Aid for Haïti ». J’ai beaucoup de chemin à faire, mais cela ne m’effraie pas du tout.

Tu ajouterais quoi pour conclure ?

Beaucoup de choses sont discutées autour et pour les jeunes mais n’atterrissent pas. Moi je dirai aux jeunes de ne pas laisser aux autres décider à leur place ; c’est à eux de voir les possibilités qui existent et de les saisir. Si quelque chose nuit à leur créativité, leur spontanéité, il faut qu’ils y remédient parce qu’un travail n’est pas uniquement un salaire, mais aussi un lieu où ils pourraient être quelqu’un d’accompli. Je dirai en dernier lieu de visiter la page Facebook de Klasik Bijoux ( http://www.facebook.com/KlasikBijoux ) et de cliquer un « like ». Rires.

Contact : carlinesevere@gmail.com

Interview : Péguy Flore Pierre

Pemba City Blog

5 Comments

  1. Jean-Joseph Etienne , 5 years ago

    Cette déclaration de Carline: “mes postes ne me satisfaisaient pas du tout” montre clairement que cette jeune fille veut projeter une autre image d’Haiti, Elle
    ne nourit aucunement le satisfecit d’etre une simple employée.
    Elle veut créer, elle a cré…
    Elle éclaire le chemin, aux autres d’y marcher…
    Bravo Carline!
    BON CHOIX!!!!!!!!!!!

       -  
  2. Lyne-Somara , 5 years ago

    Des creations purement adaptees a l’Haiti,idees neuves que j’encourage d’ailleurs… «Be klasik be unique »est bien choisi pour une tendance qui veut se pointer avec sa touche originale pour se demarquer et s’afficher en tant que telle. Alors sur le long chemin qui s’annonce, pour les nouvelles creations a venir,le risque de creer et d’y rester a forte chance de percer dans l’univers des artistes. Alors, Succes!!

       -  
  3. Zaboudi , 5 years ago

    Congrats Carline…and keep moving forward 🙂

       -  
  4. Wilbens , 5 years ago

    Je pense que c’est inspirant de la part d’un jeune qui essaie de postionner en tant qu’innovateur. Je trouve ses produit sont assez imposants et tres jolis. Je la souhaite plus de succes et une plus grande part de marche..

       -  
  5. FAP , 5 years ago

    very moving article and full of inspiration…I like your blog..i strongly believe it is important to focus on the people who are creating, working and projecting a positive image of Haiti..we are more than poverty…The pieces are absolutely hip and edgy..I cant wait to see more from Klasik Bijoux. Thanks again for such a great article manman Pemba.

       -  

Your Comments

You must be logged in to post a review.

About ManMan Pemba

ManManPemba is your best local guide to Port-au-Prince and Haiti. Search and find local businesses. Browse menus of the best restaurants. Write reviews about places in Haiti. Discover the best events, from parties, concerts, culinary events, to exhibitions and festivals.
Contact us : manmanpemba (at) gmail.com
Twitter : @manmanpemba
Instagram : @ManManPemba

Recent reviews

Subscribe to our newsletter

Click here to view all the archives of The ManManPemba Weekly


The ManManPemba Weekly is a newsletter published every week, dedicated to Haiti local best spots and businesses, featuring user reviews about local places, the best selection of Events, parties, expo, info about urban life in Haiti.