Tuesday 1-3-5 ( January 15th ) : Marc Alain Boucicault

Marc Alain Boucicault, Economiste et Président du Groupe ECHO Haïti

MMPB : Peux-tu te présenter aux lecteurs du Pemba City Blog : où tu as grandi en Haïti, ton parcours scolaire, ton activité professionnelle, ..

Marc Alain Boucicault : Mon parcours académique est similaire à celle de beaucoup de gens de la classe moyenne haïtienne.  Je suis né durant la période post duvaliériste en Haïti. Une période marquée par beaucoup de nouvelles tendances idéologiques dont mes parents étaient très inspirés. Du coup, je démarre mes études primaires à KAYANOU, une petite école qui durant les années 90 s’alignait dans une dynamique de révolution du système éducatif en Haïti et tentait un mixage des systèmes français et haïtien. J’ai donc très tôt pris contact avec les principes de liberté d’expressions, de tolérances et de questionnement de la réalité tout en rejetant le système archaïque du « par cœur », du bâton ect….

J’ai aussi eu la chance de commencer depuis l’école avec des visites d’exploration de nos monuments historiques et de nos villes de provinces pour découvrir la vraie Haïti dont je suis tombé amoureux.

J’ai, ensuite intégré le Centre d’Etudes Secondaire, une école qui allie avec une dextérité sans pareille, le plaisir et une culture des mathématiques. Après mes études Secondaires je suis resté en Haïti ou  j’ai intégré le Centre de Technique de Planification et d’économie Appliquée (CTPEA) pour une licence en Economie Appliquée. Une très bonne école d’études supérieures sous la tutelle du Ministère de la Planification. Elle est peu connue mais a formé plusieurs générations de cadre supérieur de la Banque Centrale, de l’administration publique haïtienne et de plusieurs organisations nationales et internationales. Entre fait,  l’actuel chef de cabinet du  Ministre des Finances et notre Ministre du Commerce sont des anciens du CTPEA. La formation est entièrement financée par l’Etat haïtien à condition de réussir un concours d’admission où seulement 50 candidats sont retenus sur plus de 800 à 1000 inscrits par année. A partir de là, mon parcours académique et ma participation très active à la vie estudiantine m’ont permis, après mes 4 années, de rejoindre la Banque Mondiale en Haïti comme stagiaire en 2009. Le début d’une intéressante carrière dans le développement internationale qui m’a conduit jusqu’ici, à l’âge de 25 ans, à une position d’analyste senior de projets financés par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) en Haïti. J’ai pu très bien m’en tirer malgré le nombre de réserves, pas toujours fondées,  que les gens peuvent avoir sur le système éducatif haïtien.

Aujourd’hui, après 3 années à bosser dans le domaine du développement International en Haïti, j’ai envi de retourner vers le monde académique pour entreprendre un master en économie du développement. Un domaine particulièrement en mal d’idées dans le contexte de reconstruction en Haïti.

Sincèrement, je pense que mon parcours n’a rien de d’inatteignable  et j’encourage toujours les jeunes à se donner à fonds dans leurs études et à ne jamais négliger les initiatives qui puissent dévoiler leur sens de leadership.


MMPB : Le groupe ECHO : c’est quoi ? Quel est l’objectif de ce groupe de travail ? Est ce un think-tank ? S’ils y en a, quels sont les partenaires institutionnels ?

Marc Alain Boucicaut : Le Groupe ECHO Haïti est une association de jeunes créée en 2010 et reconnu par le Ministère des Affaires Sociale. Nous travaillons pour le renforcement des capacités de la jeunesse haïtienne tout en prenant des actions à impacts positifs sur l’amélioration des conditions de vie en Haïti. Nous sommes un comité exécutif de 9 personnes et nos activités se dessinent autour de 3 grands objectifs :

1- Nous voulons établir un réseau de clubs, les clubs ECHO, de formation pratique, de débats scientifiques et de leadership dans les universités en Haïti. Ces clubs doivent venir compléter la formation académique en favorisant des interactions constructives entre jeunes intellectuels. Ceci est inspiré de notre expérience personnelle au CTPEA car nous y avons créé un club d’étudiant très dynamique, le Club ECHO du CTPEA, qui a un succès fou au sein de l’établissement car il permet aux étudiants d’interagir avec une qualité remarquable et indépendamment de leurs balises académiques. Nous voulons répliquer ce modèle à un niveau national pour encourager des échanges interdisciplinaires sur des problématiques pays. Tous les établissements de formation supérieure en Haïti sont a priori éligibles et nous aidons dans le montage. Nous sommes sur le point de donner vie à notre tout prochain bébé, le Club ECHO de l’ENST, qui est attendu pour le mois de février 2013.

2- Le Groupe ECHO Haïti met aussi sur pieds un ensemble de projets visant la formation, la sensibilisation collective des jeunes et surtout leur implication active dans le développement d’Haïti. Dans cette optique, dans les mois à venir, nous allons lancer un grand forum de jeunes leaders pour le développement d’Haïti. Cet événement établira un réseau fort de jeunes leaders haïtiens et étrangers dans le but de concevoir ensemble des projets d’actions concrètes dans lesquels chacun viendra apporter sa pierre en 2013-2014. En parallèle à cela nous sommes sur le point de lancer des émissions radio et d’autres activités via notre site www.groupechohaiti.org et sur notre page Facebook www.facebook.com/echohaiti qui permettront aux jeunes de se former et d’interagir pour agir. Cela rejoint l’idée du think tank que tu as soulevé mais avec une obsession pour l’action.

3- Enfin, nous cherchons à identifier et à supporter, à travers notre réseau et nos partenaires, des initiatives venant d’autres jeunes ayant un potentiel d’impact positif sur l’avancement du pays.

Nous voulons vraiment avoir la contribution de tous les jeunes aux 4 coins d’Haïti et d’ailleurs parce que, si on dit toujours que les jeunes sont l’avenir du pays, nous, nous pensons qu’ils sont déjà capables d’entreprendre beaucoup dès aujourd’hui.

Ta question sur les partenariats me permet de clarifier rapidement que même s’il s’agit d’un mouvement de jeunes, nous sommes très ouvert et recevons beaucoup de supports des moins jeunes. Les Clubs ECHO travaillent très étroitement avec la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) qui supporte tout le volet débat. Notre pipeline 2013 a retenu l’attention de plusieurs organisation internationales, d’institutions de recherches, d’entreprises privées très connues en Haïti et mêmes celle de certains haut gradé du gouvernement. Ils sont intéressés au réseau de jeunes qualifiés auquel nous avons accès mais surtout au lien que nous essayons de construire entre les jeunes qui vivent en Haïti et ceux de la diaspora. Par déformation professionnelle, je ne citerai pas encore de noms publiquement.

Les choses vont de très bon train et l’objectif, à terme, est de devenir une organisation qui puisse être la référence de l’implication d’une jeunesse forte dans le développement en Haïti.

MMPB : Vous avez lancé un concours d’idée. De quoi s’agit-t-il ? Quels genres d’idées vous attendez ? Comment soumettre une idée et dans quel but ?

Marc Alain Boucicaut : Le concours d’idées que nous avons lancé, au delà de l’objectif d’inciter les jeunes à écrire et de récompenser l’excellence, est surtout l’expression du caractère participatif de notre stratégie. Nous voulons vraiment faire un état des lieux scientifique afin de comprendre et d’ajuster notre plan. Nous voulons écouter la jeunesse quoi ! Comme l’indique le titre du concours « Idées jeunes pour développer Haïti » nous cherchons des réflexions de jeunes haïtiens sur comment ils/elles voient leur rôle dans le changement qui est nécessaire en Haïti ? Quels sont les potentiels qu’ils/elles pensent que la jeunesse haïtienne possède pour changer Haïti? Quels blocages peuvent l’empêcher de contribuer pleinement à ce changement ? Enfin, en combinant potentialités et blocages nous cherchons une piste, une perspective claire qui permettra d’entrevoir les moyens concrets de mettre la jeunesse au centre du développement en Haïti.  Pour garder le cap sur l’action, nous avons ajouté un 2eme produit au concours. Nous demandons aux participants, d’après les perspectives définit, de proposer une idée de projet qui pourrait permettre de bien placer la jeunesse au service du changement d’Haïti. Les textes et les idées de projet seront analysés par des professionnels qui collaborent en support technique à nos activités. Je m’attends vraiment à voir une démarche méthodique dans l’écriture des textes et de la créativité dans les idées de projets tenant compte des vraies problèmes auxquels fait face la jeunesse haïtienne. Pour participer au concours il faut juste s’inscrire gratuitement sur notre site www.groupechohaiti.org et le reste des échanges se feront par mail. Je pense que les livres, les iPad et les blackberry qui sont offerts ne seront pas les seules choses à gagner dans ce concours car nous voulons aussi identifier des talents actifs capables de rendre plus fort notre réseau.

Pour devenir membre du Groupe ECHO Haïti il faut, soit être membre d’un club du réseau ou avoir participé activement à au moins 3 de nos projets et bien sur être approuvé par le comité exécutif.

Les 5 endroits préférés à PaP ou en Haïti

Ile à Vache : A l’Ile à Vache je suis connu sous le nom de Bouboule. J ! Cette ile est spéciale, la dernière ile vierge de la caraïbe : Escapade dans les montagnes, ballade à dos de cheval ou en bateau, les plages d’azur et de sable blanc, fruits de mère a gogo… Il y a de quoi remplir agréablement ses journées. A ce cadre sublime s’ajoute l’extrême courtoisie d’une communauté de paysans prêt à tous pour rendre le séjour agréable.

Kokoye à Petit Goave : Cette plage naturelle est extraordinaire. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau de ma vie. Idéal pour un camping au bord de la mer de préférence en couple ou en groupe d’ami(e)s.  De jour comme de nuit on peut s’y divertir follement

Cormier Plage : Pour se ressourcer, le calme au bord de la mer dans le Nord à Cormier est une formule magique. Les infrastructures modernes sont disponibles, le personnel est très aimable et la nourriture est succulente !

Garden Studio : Pour faire la fête à Port au Prince, GS est souvent mon premier choix. Non seulement le cadre en plein air est attirant mais c’est surtout parce que le menu de divertissement est toujours renouvelé pour éviter de tomber dans la routine. Bonne musique garantie!

Chez moi : En plus de toutes les bonnes destinations d’Haïti,  j’aime aussi beaucoup me retrouver chez moi dans le cadre agréable d’un jardin exotique aménagé sous des manguiers. J’y arrive facilement à me concentrer sur mes projets quand je ne reçois pas des ami(e)s. Danse, tafia nights, réunions de travail, simple diner en famille ou tout seul, il n’y a pas mieux que chez moi.

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